Aux municipales, on a souvent l’impression qu’on vote “juste” pour élire un·e maire. En réalité, on joue aussi un rôle dans la composition du Sénat.
Dans les communes de plus de 1 000 habitant·es, la liste arrivée en tête obtient la moitié des sièges au conseil municipal. L’autre moitié est répartie entre les listes qui dépassent 5 % des voix au premier tour (10 % au second). Donc même une liste qui ne gagne pas la mairie peut quand même entrer au conseil municipal.
Et c’est là que ça devient important : ce sont les conseiller·es municipaux·ales qui élisent, à environ 95 %, les sénateur·rices. On les appelle les “grands électeur·rices”.
Pour qu’un parti pèse vraiment au Sénat, il doit former un groupe politique, ce qui demande au moins 10 sénateur·rices. Aujourd’hui, le Rassemblement national (RN) en compte 3 (depuis 2023).
Les prochaines sénatoriales ont lieu en septembre 2026.
Autrement dit : voter aux municipales, ce n’est pas seulement choisir une équipe locale, c’est aussi influencer la composition du Sénat. Et quand beaucoup de personnes s’abstiennent, atteindre 5 % devient plus facile pour une petite liste. Le RN mise là-dessus pour faire une percée au Sénat et a investi les municipales de 2026 dans cette optique.
Des exemples comme ceux-là, il y en a malheureusement pleins d’autres ! Et on peut imaginer sur quoi porteraient des propositions de lois de sénateurs RN et Reconquête...